Des élus de gauche opposés au mariage homo

De plus en plus d’élus de gauche font part de leurs réticences à l’égard du « mariage pour tous », notamment en ce qui concerne l’adoption homosexuelle (DR).

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’adoption en conseil des ministres du mariage dit « pour tous » ne fait pas l’unanimité, y compris à gauche. Même le chef de l’Etat, François Hollande, laisse entendre qu’il n’est pas emballé par cette réforme, dont il est l’auteur (c’est dire…).

Florilège :

François Hollande (2012) : « « Dans son esprit, un couple homo, ça reste une étrangeté. » Hollande sait aussi que l’opinion reste fluctuante. « Il connaît la société finement, il a fait les marchés de Tulle pendant vingt ans », rappelle un proche. » (Le Parisien du 8 nov. 2012).

Elisabeth Guigou (1998) : « Pourquoi l’adoption par un couple homosexuel serait-elle une mauvaise solution ? Parce que le droit, lorsqu’il crée des filiations artificielles, ne peut ni ignorer, ni abolir la différence entre les sexes. […] Je veux être parfaitement claire : je reconnais totalement le droit de toute personne à avoir la vie sexuelle de son choix. Mais je dis avec la plus grande fermeté que ce droit ne doit pas être confondu avec un hypothétique droit à l’enfant. […] » (Direct Matin 16 oct. 2012).

Elisabeth Guigou : « Un enfant a droit à un père et une mère, quel que soit le statut juridique du couple de ses parents (…) Mon refus de l’adoption pour des couples homosexuels est fondé sur l’intérêt de l’enfant et sur ses droits à avoir un milieu familial où il puisse épanouir sa personnalité (Applaudissements sur certains bancs du groupe socialiste). C’est ce point de vue que je prends en considération, et non le point de vue des couples, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. » (Assemblée nationale, 3 nov. 1998).

Lionel Jospin (2004 au JDD) : « On peut réprouver et combattre l’homophobie tout en n’étant pas favorable au mariage homosexuel » (Direct Matin 16 oct. 2012).

Jean-Marc Ayrault (2004) : « L’égalité des droits, qui est un principe fondamental, n’est pas l’uniformité des droits » (Tribunes socialistes).

Ségolène Royal : « La famille, c’est un père et une mère » (Parisien/Aujourd’hui en France, 23 février 2006).

Bernard Poignant, maire PS de Quimper, conseiller de François Hollande à l’Elysée : « Pour moi, la seule question qui se pose ne concerne pas les adultes mais les enfants. Le mariage autorisé entre un homme et une femme présuppose une filiation biologique. Lorsque l’enfant arrive dans un couple marié, l’homme est présumé en être le père. Dans un couple non marié, le père doit reconnaître l’enfant. Or il ne peut pas y avoir, par le mariage homosexuel, un droit à l’enfant. On doit toujours partir et réfléchir aux droits de l’enfant (…) Un enfant se construit dans l’altérité des deux genres, féminin et masculin. » (Le Télégramme, 28 sept. 2012).

Daniel Delaune, maire divers gauche de Grand-Camp (Seine-Maritime), « en est un exemple. Opposé au mariage homosexuel et « encore plus » à l’adoption, il est l’un des initiateurs de l’appel du collectif des maires pour l’enfance qui revendique 12.000 signataires « de droite et de gauche », dont des adjoints au maire. « Personnellement », il refusera de célébrer une telle union si la loi passait, affirme-t-il à Sipa. » (Le Nouvel Obs, 6 nov. 2012).

Raymond Occolier, maire divers gauche du Vauclin en Martinique : « Le mariage pour tous me semble, comme l’a bien dit monseigneur Vingt-Trois, une supercherie. Je suis entré au PS parce que j’étais un chrétien de gauche. Marier des homosexuels serait pour moi en contradiction avec mes convictions profondes » » (Le Point, 7 nov. 2012).

Laurent Kleinhentz, maire PS de Farébersviller, « évoque un « mariage hors norme » et « contraire à la loi divine » » (Le Point, 7 nov. 2012).

Franck Meyer, (…) maire MoDem de Sotteville-sous-le-Val (Seine-Maritime) « revendique 127 000 signataires d’élus hostiles au projet du mariage pour tous. Et assure qu’« entre un quart et un tiers des signataires » de l’appel sont des « élus PS, ou de sensibilité de gauche » » (Le Point, 7 nov. 2012).

Jean-Claude Bellini, maire divers gauche de Chaux (Côte-d’Or) : « Si un couple homosexuel me demande de le marier je le ferai… à contrecœur » (Le Monde.fr, 9 octobre 2012).

Alexandre Sarrola, maire divers gauche de Sarrola-Carcopino (Corse du sud) : « A titre personnel, cette mesure me choque. Je ne suis pas pour. Mais en tant que maire, je m’en tiendrai aux décisions qui seront prises » (Var Matin, 16 sept. 2012).

« Mariage gay: la gauche catholique défavorable. Plusieurs dissidents à gauche d’obédience catholique ont fait savoir qu’ils ne voteraient pas le texte sur le mariage homosexuel, en particulier à cause de la partie adoption » (L’Express, 17 oct. 2012).

« « Certains d’entre nous sont des cathos de gauche et embarrassés par le sujet, admet un élu PS. On est entre l’intuition qu’il faut garder le cap fixé par le président et l’idée selon laquelle il nous faut rester fidèle à nos convictions. En ce qui me concerne, c’est le rapport aux enfants qui m’ennuie et me pose problème. » » (Le Figaro, 7 nov. 2012).

Gérard Collomb, maire socialiste de Lyon : « Je laisserai le soin à mes maires et à mes adjoints de célébrer ces mariages » (Europe1, 26 oct. 2012).

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