« Absolument dé-bor-dée ! », la suite

Zoé Shepard avait été poursuivie en 2010 par le conseil régional (PS) d’Aquitaine pour son premier livre : « Absolument dé-bor-dée ! ». Elle récidive aujourd’hui (Le Figaro).

Tout le monde se souvient de Zoé Shepard, jeune fonctionnaire territoriale qui avait fait la Une de l’actualité en 2010 pour son livre : « Absolument dé-bor-dée ». Dans son second livre, « Ta carrière est fi-nie », Zoé Shepard (Aurélie Boullet de son vrai nom) récidive en publiant la « saison 2 » de son Best-Seller. Voici un extrait de l’ouvrage, à paraître le 6 septembre chez Albin-Michel :

« Très bien, annonce-t-il sèchement. Mais on délègue la logistique au cabinet Lambron. De toute évidence, vous êtes incapables de gérer correctement ce dossier. Refilez-leur 100 000 euros et on verra ensuite. Les agents de la mairie n’étant pas capables de faire grand-chose par eux-mêmes, ils ont pris l’habitude de transmettre à des organismes extérieurs, qu’ils arrosent de subventions, leurs maigres tâches.

– 100 000 euros ? intervient The Gentleman. Monsieur Baudet, vous ne trouvez pas que c’est très cher payé ?

– Moui, non, j’en sais rien. De toute façon, moi, l’économie, j’y comprends rien, avoue Simplet (M. Baudet, dit Simplet, supérieur hiérarchique direct de Zoé Shepard, ndlr). (…)

De toute façon, une subvention est une allocation sans contrepartie. Si nous leur demandons de travailler pour nous, il faut passer un marché public, sinon les règles de la concurrence seront faussées. Simplet soupire, en me regardant d’un sale œil :

– Trop long, trop compliqué.

– Possible, mais il est impossible de faire autrement. Nous ne pouvons attribuer de subvention que si l’initiative du projet vient de l’organisme bénéficiaire et que nous n’en attendons aucune contrepartie directe.

– N’essaie pas de nous embrouiller avec tes mots qui ne veulent rien dire, grogne Fred (Fred Mayer, député et premier adjoint du maire, ndlr). Je tente de traduire :

– Si on demande à quelqu’un de faire quelque chose de précis pour nous, on ne peut pas passer par une subvention. Mon élu commence à montrer des signes d’énervement de plus en plus manifestes et contracte la mâchoire de manière inquiétante.

– Je me doute bien qu’attribuer une subvention est, dans ce cas…, commence Simplet avant de s’arrêter net et d’indiquer : Je ne trouve pas l’expression consacrée.

– Illégal. (…)

– Zoé, tes codes, tes seuils, tes critères, je m’en cogne. Je veux que ce soit eux qui s’occupent de la logistique. Débrouille-toi avec tes bidules, je veux qu’ils soient payés avant la fin du mois, sans faute !

– C’est juridiquement impossible. En France tout au moins.

– D’habitude, quand on a quelque chose à leur faire faire, ils nous envoient les factures, on paye et basta, proteste Fred.

-Hors marché ?!

– Bon, ça suffit, Zoé, coupe Simplet. Tu les vois d’urgence et tu me règles ça, c’est clair ?

Illégalement limpide. »

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Un commentaire pour « Absolument dé-bor-dée ! », la suite

  1. illiassov dit :

    excellent cet extrait spécial’ marchés publics ! rien d’étonnant malheureusement…

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