Le vrai programme du PS : un plan de réduction des dépenses publiques jamais vu

Après avoir fait campagne sur les 60 propositions de François Hollande, parmi lesquelles figurait la création de 60 000 postes dans l’éducation et de 5 000 dans la justice et la sécurité, la gauche nous révèle aujourd’hui ses véritables intentions : un plan de réduction des dépenses publiques jamais vu jusqu’à ce jour.

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault (DR).

Naturellement, la gauche s’est bien gardée de révéler ce plan avant les élections. Ses électeurs n’auraient sans doute pas apprécié ce tour de vis à sa juste valeur…

D’après Le Figaro du 20 juin 2012, les premières réunions de préparation du budget pluriannuel 2013-2015 ont permis à Matignon de fixer à la direction du Budget des objectifs très stricts pour servir de base aux négociations entre Bercy et les différents ministères. Ces négociations devraient ensuite soumises fin juin à l’arbitrage définitif de Matignon qui enverra début juillet une lettre de cadrage à chaque ministère, déclinant les principes généraux en matière de dépenses. Les budgets précis, ministère par ministère, seront finalisés fin juillet.

Deux fonctionnaires sur trois partant à la retraite non remplacés

1° Les chiffres sur lesquels travaillent la direction du Budget, dont Le Figaro a eu connaissance de source interne au ministère, concernent les effectifs de fonctionnaires, les dépenses de fonctionnement et d’intervention. À chaque fois, l’effort demandé est conséquent.

  • 2 fonctionnaires sur 3 partant à la retraite ne seront pas remplacés. La gauche fustigeait la règle des 1 sur 2 mais elle adopte une règle finalement plus sévère.
  • La réduction du nombre de fonctionnaires sera de 2,5 % par an sur les deux ans qui viennent.
  • Les 65 000 postes visés ci-dessus seront cependant créés.

Comme l’indique Le Figaro, les dépenses de personnel, retraites comprises, absorbent à elles seules plus de 30 % du budget de l’État et l’enjeu est donc crucial.

2° S’agissant des «dépenses de fonctionnement», qui représentent environ 12 % des charges de l’État, l’objectif est qu’elles diminuent de 10 % en 2013, de 3 % en 2014 et de 3 % en 2015, dans tous les ministères, à l’exception des trois prioritaires précités qui devront néanmoins consentir des efforts.

3° S’agissant des dépenses d’intervention, le gouvernement travaille sur une baisse de 40 % au cours des trois prochaines années (hors les trois ministères prioritaires). Cette catégorie, qui ne pèse pas moins de 40 % du budget de l’État, recouvre par exemple des aides à l’agriculture ou des subventions aux associations ou aux manifestations culturelles. Toutefois, exception importante, les dépenses d’intervention à caractère social ne seront pas concernées par les coupes.

Le chef de l’Etat et son Premier ministre ont demandé aux Français une majorité large et cohérente à l’Assemblée nationale, pour pouvoir appliquer le programme qu’ils avaient présenté aux électeurs. Mais c’est finalement un autre programme qui va être mis en œuvre. Sans compter les hausses d’impôts, dont Jean-Marc Ayrault n’a pas caché qu’elles toucheraient tout le monde (« Tout le monde devra faire un effort »). Pas seulement les riches, donc, mais aussi (et surtout) les classes moyennes…

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