870 millions en faveur du RER A : « C’est de la poudre aux yeux », rétorque l’ADURERA

Le Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif) vient de voter 870 millions au profit du RER A. De la poudre aux yeux, répond l’ADURERA (DR).

Lors de son conseil d’administration du 6 juin 2012, le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France), présidé par le socialiste Jean-Paul Huchon, a adopté le schéma directeur du RER A. Celui-ci acte un engagement financier de 630 millions d’euros d’investissements pour les infrastructures et 240 millions pour les trains (matériel roulant).

« L’aboutissement de ce dossier est une excellente nouvelle pour les usagers du RER A, et en particulier pour ceux des Yvelines » se réjouit le candidat socialiste de la 6ème circonscription Eddie Aït, maire de Carrières-sous-Poissy. « Au-delà des sommes conséquentes qui seront consacrées à la rénovation des rames et du matériel roulant, des revendications portées par les élus locaux de la majorité régionale auprès de Jean-Paul Huchon et les associations d’usagers ont été pleinement entendues. Je pense ici au remplacement des écrans dans les gares pour améliorer l’information aux voyageurs, à la création d’un centre de commandement unique entre RATP et SNCF, à la modernisation des dispositifs de pilotage automatique pour fluidifier le trafic et à l’amélioration de la gestion des situations perturbées », a indiqué le candidat socialiste.

Valérie Pécresse, ancienne ministre, présidente du groupe UMP à la région Ile-de-France (DR).

Pourquoi attendre, demande l’UMP

Seuls les élus UMP et leur chef de file, Valérie Pécresse, n’ont pas voté ces mesures pour le RER A, qu’ils considèrent comme insuffisantes au regard des problèmes urgents et graves qui sont à résoudre.

Pour l’UMP, « la mise en place d’un commandement unique sur toute la ligne et la suppression de la relève des conducteurs ne sont envisagées qu’à moyen ou long terme, l’automatisation des trains sur la partie parisienne n’est prévue qu’en 2018, le prolongement de la signalisation automatique ne devrait être effective qu’en 2019 et l’amélioration du retournement des trains de 2018 à 2022… autant de mesures qui pourraient améliorer l’efficacité de la ligne si elles étaient mises en œuvre beaucoup plus tôt. »

L’Association des usagers saint-germanois du RER A (ADURERA) ne peut pour sa part que répéter ce qu’elle a déjà indiqué il y a plusieurs jours :

En dépit de l’adoption de ce plan directeur au terme d’une fausse concertation, les usagers saint-germanois ne doivent s’attendre à aucune amélioration de la fréquence et de la régularité du trafic au départ et en direction de Saint-Germain-en-Laye.

Les indicateurs de régularité qui conditionnent une partie de la rémunération de la Ratp sont biaisés. Leur établissement est laissé à la discrétion des dirigeants de la Ratp sans aucun contrôle du maître d’ouvrage, ni même d’un tiers extérieur de confiance. L’ADURERA émet donc les plus expresses réserves sur ces indicateurs, dont elle a pu d’ores et déjà démontrer qu’ils ne reflètent pas du tout la réalité des dysfonctionnements graves qui affectent la ligne A.

Les nouvelles rames à deux étages n’engendreront par elles-mêmes aucune amélioration du trafic. Elles ne doivent être livrées en totalité que d’ici 2017, et Saint-Germain-en-Laye n’est pas la priorité. Les élus des autres branches ont été plus efficaces, et plus unis, pour faire entendre leur voix, que ceux de la région de Saint-Germain-en-Laye.

Dans sa réunion avec les associations d’usagers, le Stif a clairement indiqué que, depuis 2010, son attention s’est portée essentiellement sur la branche de Marne-la-Vallée, avec l’ajout d’agents de régulation et d’intervention, et sur celle de Cergy, avec une augmentation des rames pour Cergy, et une maintenance renforcée sur cette branche. La branche de St Germain-en-Laye est donc clairement abandonnée, contrairement aux promesses faites publiquement au député Pierre Morange, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements du RER.

Pierre Morange, député UMP sortant, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les dysfonctionnements du RER (DR).

Concernant l’interconnexion, le STIF a indiqué qu’une étude sur l’interconnexion à Nanterre-Préfecture avait été menée par la même société que pour celle engagée pour la Gare du Nord. Il y aurait une différence de quelques secondes, bien moindre que pour la Gare du Nord, et beaucoup d’inconvénients, apparemment dûs à la convergence avec les trains de Paris-St Lazare. Le Stif n’a donc pas du tout l’intention de résoudre les nombreux problèmes que pose cette interconnexion.

Au total, les 870 millions votés ne concernent que des travaux déjà prévus et rendus nécessaires par le vieillissement de la ligne, ainsi que par la livraison de rames à deux étages qui ne résoudront pas les problèmes que les usagers rencontrent chaque jour.

L’ADURERA émet donc les réserves les plus expresses sur l’avenir de la ligne A, et ce, en dépit du satisfecit que ce sont décernés les élus, notamment socialistes, à l’issue de ce vote. Les sommes engagées ne sont importantes qu’en apparence. Il s’agit d’engagements financiers ordinaires, auxquels les usagers ont droit eu égard aux impôts et aux abonnements dont ils s’acquittent.

En somme pour Cyrille Emery, vice-président de l’ADURERA, « c’est de la poudre aux yeux ».

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