« L’Oligarchie des incapables » : les moeurs des élites révélées au grand jour

Coignard (S.) et Gubert (R.), "L'Oligarchie des incapables", Paris, éd. Albin-Michel, janv. 2012, 364 pages (lien vers Amazon.fr en cliquant sur l'illustration).

Publié en janvier 2012 chez Albin-Michel, L’Oligarchie des incapables a pour auteurs Sophie Coignard (co-auteur de l’Omerta française) et Romain Gubert, journaliste au Point. Dans ce brûlot, les révélations sont savamment dosées. Elles donnent de la Nomenklatura française l’image d’une bande de copains qui se seraient partagé le pouvoir, politique, économique ou social, à leur profit exclusif. Qu’on ne se méprenne pas, si la droite est touchée, la gauche n’est pas épargnée. On y apprend ainsi que le bras-droit et protégé de François Hollande n’est autre que René Teulade, celui par qui le scandale des mutuelles arriva. Mais la charge touche aussi les élites de l’économie. Citons un petit extrait qui, au-delà du poujadisme qu’il laisse transpirer, est révélateur des deux mondes dans lesquels vivent le peuple, d’une part, et les élites, d’autre part :

« (…) Tous ces gens-là sont depuis longtemps coupés de la réalité. Et leur clairvoyance en souffre ! Avec cette conséquence : quelques gaffes surréalistes comme celle de Christine Lagarde recommandant aux Français de faire du vélo pour compenser les effets du prix de l’essence (…) Mieux encore : les commentaires de Nicolas Bazire et de Bernard Arnault (LVMH) à leur amis proches à la suite d’une expédition dans un supermarché. Souhaitant comprendre pourquoi leur investissement dans Carrefour était une si mauvaise affaire, les deux hommes s’étaient rendus incognito en grande banlieue parisienne un week-end pour pénétrer dans l’un de « leurs » magasins. Ils étaient revenus effarés : comment est-ce possible ? Tous ces pauvres qui épluchent l’addition à la caisse pour vérifier qu’ils ont bien bénéficié de la réduction sur l’agneau de Nouvelle-Zélande et de la promo sur les yaourts nature ! Ils allongent les files d’attente aux caisses et font baisser la productivité ! Quel voyage exotique ! Ni l’un ni l’autre n’avaient poussé un caddie depuis bien longtemps. Ces maladresses prêtent à sourire. À moins qu’elles ne soient écoeurantes. Mais elles en disent long, en tout cas, sur l’état d’esprit de ceux qui nous dirigent. » (p. 57/58)

Ce fossé qui sépare le peuple des élites, c’est le fossé qui sépare les sondages de la réalité du vote. Pour ceux qui sont le peuple, le résultat de l’élection présidentielle ne devrait pas être une surprise. Pour ceux qui vivent à l’écart, emmurés dans leurs certitudes, la surprise risque d’être grande…

Publicités
Cet article a été publié dans informations générales. Ajoutez ce permalien à vos favoris.