Une mosquée à Nogent-le-Rotrou fin 2012

Mourir au combat pour faire triompher la parole d’Allah (et pas seulement pour se défendre ou vaincre ses passions) : c’est ce qui est enseigné dans les ouvrages auxquels renvoie le site Internet de la future mosquée de Nogent-le-Rotrou, une jolie petite bourgade en lisière de Basse-Normandie qui abrite 11000 âmes (*).

La commune a mis à disposition un terrain municipal de 1274m2 pour un loyer annuel très faible de 900 euros. Sur 784m2 de surface au sol, cette mosquée avec minaret, une première dans le Perche, comportera deux salles de classe pour l’enseignement de l’arabe et de la Charia. Elle sera opérationelle fin 2012, selon le président de l’Association des musulmans de Nogent-le-Rotrou.

L'article de l'Echo Républicain du 5 octobre 2011 faisant état des travaux d'avancement de la mosquée.

Les musulmans donnent une définition de l’islam sur le site Internet de la mosquée. Après Mahomet, disent-ils, « il n’y aura plus d’autres prophètes dans l’avenir, plus de nouveaux codes religieux jusqu’à la fin du monde. Les enseignements de Mahomet sont destinés à tous les enfants d’Adam, à la race humaine toute entière. Maintenant l’islam consiste à suivre Mahomet, c’est-à-dire à reconnaitre sa qualité de prophète, croire en sa parole, la suivre dans sa lettre comme dans son esprit et se soumettre à tous ses commandements et injonctions, qui sont ceux de Dieu Lui-même. Voilà ce qu’est l’Islam. »

L’Islam ainsi défini est immuable. Son contenu a été dicté par Dieu Lui-même et ne saurait être modifié par des lois votées par un quelconque parlement. Par ailleurs, l’islam réside tout entier dans le Coran, dans la Tradition prophétique (Sunna), dans le droit musulman (Charia) et dans la jurisprudence qui en est l’interprétation (fiqh). À la lumière de ce qu’indique le site Internet de la mosquée de Nogent-le-Rotrou, ces textes doivent être respectés aussi bien dans leur lettre que dans leur esprit. Mais ils sont particulièrement durs et coercitifs, et ils s’opposent dans bien des aspects à la Constitution et aux lois de la République. L’islam s’oppose ainsi frontalement à l’égalité entre les Hommes, et à l’égalité entre les hommes et les femmes, mais puisque le Coran émane de Dieu Lui-même, celui-ci doit prévaloir sur les lois de la République, et non l’inverse.

Anne-Marie Delcambre, docteur d’Etat en droit, docteur en civilisation islamique et professeure d’arabe au Lycée Louis-le-Grand résume ainsi la problématique : Il s’agit « d’injonctions morales et juridiques dont certaines, quand le droit musulman est appliqué, peuvent aboutir à avoir la main coupée et, en cas de récidive, le pied (pour le vol), ou à être flagellée et lapidée (pour la femme adultère). Cette loi islamique n’est évidemment pas compatible avec les droits de l’Homme mais elle fait partie intégrante de l’islam » (A.-M. Delcambre, L’Islam des interdits, éditions Desclée de Brower, févr. 2011, p. 14). L’auteur ajoute que « le droit musulman est à la base de la culture islamique. Cet attachement à la règle s’explique par le fait que l’islam est à la fois normatif et profondément ritualiste » (ibid, p. 94).

Pour Ali Mezghani, professeur agrégé de droit privé à l’Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, spécialiste du droit des pays arabes, « la Charia est aujourd’hui en vigueur – certes, avec des nuances selon les Etats – dans la quasi-totalité des pays arabo-musulmans, où le droit, au sens moderne, n’est pas véritablement accepté. Depuis le XIè siècle (…) cette conception normative de l’islam, qui mêle règles juridiques et morales aux questions religieuses dans un seul ensemble, n’a presque jamais été démentie. » (« À la conquête de l’Etat de droit », entretien avec Ali Mezghani, Le Nouvel Observateur, hors-série janv.-févr. 2012, p. 83).

Pour sa part, Anne-Marie Delcambre conclut en ces termes : « Dans ses textes fondateurs, l’Islam est contre l’égalité. Le droit musulman est profondément inégalitaire. Le musulman est au-dessus du non-musulman. Le croyant au-dessus de l’athée, l’homme au-dessus de la femme, l’homme libre au-dessus de l’esclave. Le droit musulman est contre la liberté. Pas de liberté de sortir de l’Islam, de changer de religion, pas de liberté sexuelle, pas de liberté de comportement. Enfin, pas de fraternité au sens occidental. Le musulman est le frère du croyant musulman. Il ne se sent pas le frère du chrétien, le frère du juif. Encore moins frère de l’athée, de l’impie » (ibid, p. 124).

Edifier une mosquée est-il dans ces conditions un moyen d’intégration ou d’assimilation ? Il faut le souhaiter naturellement. Ou est-ce au contraire le début d’une communautarisation à l’anglo-saxonne, avec tous les risques d’une vie contraire aux principes et aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité de la République ? Il faut hélas le craindre.

C’est une question sérieuse à laquelle nous ne saurions répondre ici sans nos amis musulmans. Car il leur appartient de nous dire de la manière la plus explicite s’ils se soumettent intégralement et définitivement à tous les principes, à toutes les valeurs et à toutes les règles de la République, quitte à renoncer de manière irrévocable aux injonctions du Coran et de la Tradition prophétique contraires à ces règles. La structure immuable et rigide de l’islam risque de rendre très difficile la soumission de cette religion à la République. Les musulmans qui auront le courage de s’engager sur ce chemin n’en auront que plus de mérite.

Il est tout aussi courageux, pour les non-musulmans, d’affirmer qu’à ce jour l’islam pose un problème de compatibilité avec la République. Le chemin qui mène à un islam de France a, certes, été emprunté avec beaucoup de bonne volonté de part et d’autre, il y a quelques années. Mais force est de constater qu’à ce jour, les résultats sont décevants.

La multiplication des mosquées, alors que des questions de principe n’ont pas été résolues, n’est sans doute pas la démarche la plus opportune. Construire une mosquée n’est pas « une mode », c’est une décision lourde de conséquences, y compris pour les musulmans eux-mêmes. Il est un peu dommage que les élus locaux succombent à l’effet de mode, sans se poser d’abord les questions de principe.

(*) « La commune est située dans la région Centre, mais est frontalière de la Basse-Normandie (département de l’Orne) », selon les indications de Wikipedia. Le territoire de Nogent-le-Rotrou constitue d’ailleurs, pour partie, une sorte d’enclave à l’intérieur de la Basse-Normandie. 

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Un commentaire pour Une mosquée à Nogent-le-Rotrou fin 2012

  1. elisseievna dit :

    Un peu sur le meme sujet …

    Petite leçon d’anti-racisme aux prétendus anti-racistes !

    http://www.ripostelaique.com

    Posted on 12 février 2012 by Elisseievna – Article du nº 237

    Je vais résumer ma réaction à la fois au procès contre Riposte laique et au reportage télévisé d’Envoyé Spécial, c’est-à-dire aux arguments de ceux qui font des procès d’intention en « haine » aux critiques de l’islam ou les accusent de folie paranoïaque, contestant la réalité de leur engagement laïque ou féministe.

    Je suis comme Anne Zelensky, féministe, pour les droits des lesbiennes, athée et métèque.

    Je dis : vive l’antiracisme, vive le féminisme, vive la liberté de conscience : contre TOUS les racismes, contre TOUS les sexismes, contre TOUTES les persécutions pour croyance ou opinion

    Je dis qu’être féministe et antiraciste véritablement, c’est-à-dire défendre véritablement nos droits et devoirs et libertés fondamentaux, c’est pour moi dire : non au racisme anti-blanc, non à l’exploitation des prostituées par les handicapés, à l’exploitation de « mères porteuses » par les couples « stériles » ou homosexuels, non à la persécution des musulmans non observants ou des non musulmans par des musulmans observants, non aux pressions pour avorter (des bébés handicapés ou malades ou autres), non aux pressions pour ne pas avorter …

    Les anti-racistes doivent comprendre que la seule façon d’enrayer à la fois le racisme anti-arabe, la haine anti-musulman, et le jihad pro-califat mondial en cours, est de faire connaître les textes fondamentaux de l’islam et leur véritable contenu : tyrannique, impérialiste, discriminatoire, cruel inhumain et dégradant, car c’est la seule façon :

    – de faire comprendre que certains comportements de musulmans observants ne sont pas dus à une prédisposition raciale ou à une mauvaise volonté de leur part, mais à l’idéologie islamique à laquelle ces textes les font croire, cette idéologie qui prône des actes barbares envers les non musulmans et les femmes,

    – de faire prendre conscience à tout le monde, y compris les musulmans de bonne volonté, fussent-ils extrèmement croyants et observants et de ce fait « intégristes », de l’horreur et du danger des principaux préceptes et des conceptions issus de ces textes fondamentaux de l’islam, écrits il y a des siècles, et dont personne aujourd’hui ne peut être considéré comme « coupable » :

    c’est tous ensemble que nous devons réfléchir et prendre conscience de cette idéologie aujourd’hui, pour trouver des issues constructives, des solutions « gagnants-gagnants » réalistes.

    Ceux qui osent accuser de racisme les critiques de l’islam font le jeu du racisme, de la haine et de la guerre !

    Elisseievna

    A lire : « Mères porteuses : extension du domaine de l’aliénation » par René Frydman et Olivier Lyon-Caen 22 novembre 2010 Fondation Terra Nova

    http://www.tnova.fr/note/m-res-porteuses-extension-du-domaine-de-l-ali-nation-2

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