Les voeux contrastés de la ville de St Germain-en-Laye

Un décor hollywoodien pour les voeux du maire (DR).

Les voeux de la ville de Saint Germain-en-Laye ont été l’occasion pour le maire de rappeler ses faits d’armes en 2011, et c’est bien naturel. On se permettra ici de commenter quelques uns de ces faits.

Tout d’abord, on rappellera que les voeux sont en principe l’occasion de revenir sur des événements et de remercier au passage ceux qui ont contribué au développement de la ville. A cet égard, il est plutôt étrange d’entendre un élu s’approprier les faits d’armes des autres sans les citer : la commission d’enquête parlementaire sur le RER a été créée par le député de Saint Germain-en-Laye, Pierre Morange, à l’initiative de l’Association des usagers saint-germanois du RER A (ADURERA) : la ville n’y est pour rien. Le « collectif » fantôme « Ma ligne A » n’a été créé officiellement que le 7 décembre 2011 par un sympathique élu municipal de… Chateaudun, nouvellement établi à St Germain. C’est la seule association à laquelle le maire ait fait allusion dans ses voeux, mais elle n’est absolument pour rien, jusque-là en tout cas, dans les avancées obtenues grâce à l’ADURERA. A ce propos, il est temps de dire ici que des adhérents de l’ADURERA avaient proposé au maire de prendre la présidence de l’association pour faire front commun. Cela aurait été vraiment bien. Voyant parmi les adhérents le nom d’Arnaud Péricard, le maire a refusé. C’est comme cela qu’est né le fameux « collectif ». Bref…

Science-Po à Saint Germain !

Mais puisqu’il s’agit d’une période de voeux, venons-en à ce qui rassemble et non à ce qui divise. Je me permets ici de citer textuellement un extrait des voeux d’Emmanuel Lamy : « S’il est un point sur lequel un consensus semble sur le point de se former c’est l’intérêt pour notre ville de développer des activités universitaires. C’est pourquoi nous travaillons depuis plus d’un an avec les présidentes responsables des universités de Versailles – Saint-Quentin-en-Yvelines et Cergy-Pontoise, dont je tiens à saluer très chaleureusement la présence parmi nous ce soir, sur un projet de création d’un Institut d’études politiques à l’Ouest de l’Ile-de-France. Ce nouveau « Sciences-Po » qui pourrait s’installer à Saint Germain-en-Laye dans les locaux de l’ancienne Ecole normale à égale distance entre Cergy-Pontoise et Versailles, aurait vocation à réconcilier excellence de la formation et diversité sociale, répondant ainsi à une demande sans cesse croissante. Nous avons fait valoir les atouts que Saint Germain-en-Laye peut apporter à ce projet qui pour se concrétiser nécessitera la signature d’un décret en cours de préparation au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. »

La création d’un Institut d’études politiques d’Ile-de-France (IEP d’Ile-de-France) à Saint Germain-en-Laye est une excellente nouvelle pour les Saint-Germanois. Ils n’en mesurent peut-être pas toute la portée aujourd’hui, mais l’irruption d’un établissement d’enseignement supérieur de ce niveau au coeur de la ville est un événement qui fera date et qui, comme l’indique le maire, ne peut que faire consensus. L’initiative en revient à Valérie Pécresse, députée des Yvelines, qui était alors la ministre de l’Enseignement supérieur, et au conseil municipal de Saint Germain-en-Laye qui, toutes tendances confondues, a oeuvré aux côtés du maire pour faire aboutir ce projet. L’IEP de Saint Germain-en-Laye fait partie de ces rares projets conduits en toute transparence, en recherchant le consensus, et avec ténacité. Bravo !

La transparence et la recherche du consensus n’ont pas, en revanche, guidé la mise en oeuvre du projet de mosquée, et celui-ci a dû en définitive être abandonné (voir le site Riposte laïque) ; ce blog en a suffisamment parlé ces dernières semaines. A ce sujet, il faut préciser que si la ville a décidé de ne pas apporter son soutien au projet de l’association Mosaïque (séparation de l’Eglise et de l’Etat oblige), rien n’interdit juridiquement aux musulmans de Saint Germain-en-Laye d’acheter un terrain privé, en passant par une agence immobilière ou un notaire, et d’y édifier un bâtiment à usage cultuel sur fonds privés. L’abandon du projet préparé très (trop) discrètement par le maire n’est en aucun cas un jugement de valeur négatif sur la foi des musulmans. Il s’agissait pour les Saint-Germanois concernés de faire respecter les principes de séparation de l’Eglise et de l’Etat qui ont été inscrits dans notre législation par la loi du 9 décembre 1905, et qui s’imposent à toutes les religions, musulmans compris.

Bref, des voeux contrastés, qui appellent les Saint-Germanois à s’engager avec force et vigueur dans la vie locale. Notre ville a beaucoup d’atouts et peut encore devenir un pôle d’attraction économique, social et culturel à l’Ouest de Paris. Mais il y a de la concurrence avec d’autres villes sur ce territoire (Poissy, Conflans, Versailles, etc.), et il ne faudrait pas que Saint Germain-en-Laye reste une « belle endormie » se reposant sur ses quelques lauriers, même si ces derniers sont mérités !

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