Charia et droits de l’homme : une incompatibilité fondamentale

La Charia est un chemin vers le paradis pour les musulmans. C'est aussi un moyen de parvenir à dominer le monde.

La libération de la Lybie et l’émergence de la démocratie en Tunisie ne doivent pas masquer les risques pesant sur le « Printemps arabe ». Ainsi, le Conseil national de transition lybien vient d’affirmer que le pays serait désormais régi par la Charia. Or, les prescriptions, recommandations et interdictions énoncées dans ce texte sont radicalement opposées à la lettre et à l’esprit des droits de l’homme.

C’est ce qu’a jugé la Cour européenne des droits de l’homme dans un arrêt du 13 février 2003: « La Cour rappelle que la liberté de pensée, de conscience et de religion représente l’une des assises d’une « société démocratique » au sens de la Convention. Cette liberté figure, dans sa dimension religieuse, parmi les éléments les plus essentiels de l’identité des croyants et de leur conception de la vie, mais elle est aussi un bien précieux pour les athées, les agnostiques, les sceptiques ou les indifférents (…) Il y va du pluralisme – chèrement conquis au cours des siècles – qui ne saurait être dissocié de pareille société. Cette liberté implique, notamment, celle d’adhérer ou non à une religion et celle de la pratiquer ou de ne pas la pratiquer (…) Par ailleurs, dans une société démocratique, où plusieurs religions coexistent au sein d’une même population, il peut se révéler nécessaire d’assortir la liberté en question de limitations propres à concilier les intérêts des divers groupes et à assurer le respect des convictions de chacun (…) Selon la Cour, dans une société démocratique, l’Etat peut limiter la liberté de manifester une religion, par exemple le port du foulard islamique, si l’usage de cette liberté nuit à l’objectif visé de protection des droits et libertés d’autrui, de l’ordre et de la sécurité publique (…) la Cour estime (…) qu’un parti politique dont les responsables incitent à recourir à la violence ou proposent un projet politique qui ne respecte pas la démocratie ou qui vise la destruction de celle-ci ainsi que la méconnaissance des droits et libertés qu’elle reconnaît, ne peut se prévaloir de la protection de la Convention contre les sanctions infligées pour ces motifs (…) Nul ne doit être autorisé à se prévaloir des dispositions de la Convention pour affaiblir ou détruire les idéaux et valeurs d’une société démocratique (…) Dans ce contexte, la Cour considère qu’il n’est pas du tout improbable que des mouvements totalitaires, organisés sous la forme de partis politiques, mettent fin à la démocratie, après avoir prospéré sous le régime démocratique. L’histoire européenne contemporaine en connaît des exemples (…) la Cour partage l’analyse effectuée par la chambre quant à l’incompatibilité de la charia avec les principes fondamentaux de la démocratie (…) A l’instar de la Cour constitutionnelle, la Cour reconnaît que la charia, reflétant fidèlement les dogmes et les règles divines édictés par la religion, présente un caractère stable et invariable. Lui sont étrangers des principes tels que le pluralisme dans la participation politique ou l’évolution incessante des libertés publiques (…) La Cour relève que (…) l’instauration de la charia est difficilement compatible avec les principes fondamentaux de la démocratie (…) Il est difficile à la fois de se déclarer respectueux de la démocratie et des droits de l’homme et de soutenir un régime fondé sur la charia, qui se démarque nettement des valeurs de la Convention, notamment eu égard à ses règles de droit pénal et de procédure pénale, à la place qu’il réserve aux femmes dans l’ordre juridique et à son intervention dans tous les domaines de la vie privée et publique conformément aux normes religieuses (…) La Cour considère que, quelle que soit l’acception que l’on donne à la notion de djihad (dont le premier sens est la guerre sainte et la lutte à mener jusqu’à la domination totale de la religion musulmane dans la société), invoquée dans la plupart des discours mentionnés ci-dessus, une ambiguïté régnait dans la terminologie utilisée quant à la méthode à employer pour accéder au pouvoir politique. »

Certes, le chef du CNT à tenté de rassurer la communauté internationale en précisant que les Lybiens seraient des musulmans modérés. Malheureusement, il n’y a qu’une seule Charia, et les prescriptions, interdictions et recommandations qu’elle contient sont impératives pour tout musulman. Ainsi, la femme doit être soumise à son père, puis â son mari. Elle perd sa liberté (de disposer de son argent, de travailler, de sortir). Elle peut être répudiée. Les sanctions réprimant le vol sont toujours la main coupée, l’adultère est puni de 100 coups de fouet en public, et un musulman ne peut être l’ami d’un non musulman (voir sur ce point le site « Islam Today » qui est très clair à ce sujet). J’avoue être assez éloigné de toutes ces prescriptions d’un autre âge, mais peut-être est-ce moi qui me trompe ? « Allah sait mieux » disent les interprètes de la Charia…

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