Pour une suppression totale des niches fiscales

Il faut avoir conscience que la note de la France (actuellement AAA) va inévitablement être dégradée. Ne pas le reconnaître, c'est foncer dans le mur tête baissée.

La dette publique de la France, au sens de Maastricht, a été évaluée pour la fin du premier trimestre 2011 à 1 646,1 milliards d’euros, soit environ 84,5 % du PIB. Elle ne représentait que 663,5 milliards d’euros à la fin de 1995, ou 55,5 % du PIB et avait atteint 1 211,6 milliards d’euros (64,2 % du PIB) à la fin 2007.

Le remboursement du capital de la dette (qui fait partie du service de la dette) représente pour l’État environ 80 milliards d’euros chaque année, c’est-à-dire c’est-à-dire l’équivalent de toutes les autres recettes fiscales directes (impôt sur les société, ISF, etc.). Au total, le service de la dette de l’État, intérêts compris, représente 118 milliards d’euros, ce qui correspond à la totalité de ses ressources fiscales directes, ou encore, presque à la TVA (environ 130 milliards).

Or, comme l’indiquait ce soir l’économiste Bernard Maris dans l’excellente émission « C dans l’air » animée par Yves Calvi, l’ensemble des niches fiscales atteint aujourd’hui 145 milliards d’euros (auxquels s’ajoutent 40 milliards de fraude fiscale qu’on ne compte pas ici). En conséquence de quoi certains économistes, dit-il, proposent la suppression pure et simple de toutes les niches fiscales, même à titre temporaire, pour rétablir les comptes publics de la France.

Voilà une mesure radicale, mais simple à expliquer et égalitaire: elle serait facile à vendre politiquement à nos concitoyens. Lequel de nos candidats permanents aux élections aura le courage de la proposer ?

Malheureusement, personne ne va oser. Et la note de la France sera inévitablement dégradée, comme l’a été il y a quelques jours celle des USA. Cette dégradation va augmenter le service de la dette, puisqu’elle aura pour effet immédiat d’augmenter les taux d’intérêt. Il faudra donc de nouveaux impôts pour compenser. La taxe sur l’entrée des parcs à thèmes ou sur les sodas, c’est vraiment « peanuts ». Quel dommage que nous n’ayons collectivement conscience des vrais enjeux…

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