La mer est dangereuse

Démonstration de sauvetage d'un homme à la mer à Cherbourg - (c) Ouest-France 2011.

Le quotidien Ouest-France publie aujourd’hui un article appellant à la prudence en mer. « La mer est un milieu hostile à l’homme », insiste le vice-amiral Bruno Nielly, préfet maritime de Manche et mer du Nord. Le message est destiné aux touristes qui, cet été, vont goûter aux joies de la navigation. Le préfet rappelle qu’il faut un minimum de compétences et de matériel « pour maîtriser un engin mobile qui va en mer ».

Je me souviens avoir participé au tournage, pour France 3 Basse-Normandie, d’un reportage présentant les techniques d’hélitreuillage en mer à partir d’une vedette de la gendarmerie nationale. Ça permet de sauver des vies, mais ce type d’opération est dangereux, y compris pour les sauveteurs. J’avais beau être moniteur fédéral de voile, je n’en menais pas large… Alors, quand on voit des plaisanciers se balader au sud de Chausey avec une carte Michelin qui fait apparaître l’archipel dans un cartouche décentré à l’est de plusieurs milles, on est effondré. Et pourtant j’ai vu cela de mes yeux. Véridique !

Les plaisanciers doivent impérativement entreprendre une formation sérieuse avant de s’aventurer en mer. A cet égard, l’obtention d’un permis, quelle qu’en soit la mention, est indispensable pour les engins à moteur, mais est très insuffisante pour prétendre affronter la mer. Quant à la voile… Je crois me souvenir de cette phrase de Victor Hugo, qui connaissait bien les anglo-normandes : « Il y a les vivants, les morts et les marins ». A méditer.

A propos, l’article de Ouest-France commet une bourde : en mer on n’utilise absolument pas les « miles ». L’unité de mesure de la distance en mer (ou dans les airs) est le « mille », avec deux « l », prononcé à la française (comme « 2000 euros », ou « 2000 kilomètres »). Le mille nautique équivaut à 1,852 km, alors que le « mile » (unité de mesure britannique utilisée… à terre) équivaut à 1,6093 km. Pour plus de précision, les marins de la Royale utilisent d’ailleurs l’expression « nautique », qui évite la confusion entre « mille » et « mile ». Le « noeud » quant à lui est la mesure de la vitesse en mille(s) par heure : ainsi 3 noeuds équivalent à 3 milles par heure, c’est-à-dire à 5,56 km/h. Il ne s’agit pas ici de chipoter sur l’usage du vocabulaire ou des unités de mesure. Des indications précises, correctement transmises aux secours par un équipage en détresse, peuvent contribuer à le sauver. Or, la différence entre le mille et le mile est quand même de 14 %, et le rayon d’action pour la recherche en mer n’est donc pas le même.

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