Quotas dans le Foot : n’en fait-on pas un peu trop ?

Laurent Blanc, sélectionneur de l'équipe de France - (c) Wikicommons.

Pour quelqu’un qui, comme moi, a un quart de sang étranger (quoique normand pour les trois autres quarts…), instaurer des quotas faisant appel à une origine géographique n’est pas une décision qu’on prend à la légère. On peut voir la chose de deux façons : 1° Les quotas sont une forme de « discrimination positive ». On ne peut donc pas rejeter les quotas d’un revers de main, car tout dépend en définitive de l’intention. Ainsi, quand on instaure des quotas pour permettre à des minorités d’accéder à des activités auxquelles leurs origines ne les prédestinent pas, on pratique bien une « discrimination positive ». 2° En revanche, quand on instaure des quotas pour limiter l’accès de ces mêmes minorités à de telles activités, on commet une discrimination susceptible de poursuites judiciaires.

Or, si j’ai bien lu (et compris) ce qui semble émerger au fil des jours depuis la révélation des faits par Mediapart, la Fédération française de football aurait établi une liste de joueurs bi-nationaux, et non pas une liste de joueurs de « couleur ». C’est une nuance, certes, mais elle est capitale. En effet, une équipe de France est par définition une équipe nationale. Et une équipe nationale est composée de joueurs qui ont (ou devraient) avoir la nationalité de l’équipe à laquelle ils participent.

En l’occurrence, établir une liste de joueurs bi-nationaux peut conduire à identifier aussi bien des bi-nationaux Algériens que des Belges. Aussi bien des bi-nationaux Camerounais que des bi-nationaux Luxembourgeois ou Allemands.

Dans les faits, il se trouve qu’il n’y a probablement pas, dans cette liste, de Belges ou d’Allemands, mais plutôt des Algériens ou des Camerounais. La coïncidence est vraiment fâcheuse, mais cela reste une coïncidence.

Soyons un peu objectifs. Quelle a été la première décision importante de Laurent Blanc : nommer Sami Nasri, « qui n’est pas Suédois que je sache » (pour parler à la manière de Thierry Roland). Tout dans la carrière de Laurent Blanc démontre qu’il n’est pas raciste. Tout, en revanche, démontre qu’il est patriote. Et puisqu’il préside aux destinées de l’équipe de France en qualité de sélectionneur, il est assez normal qu’il participe à une décision qui a pour but d’éviter de former des footballeurs qui iront faire bénéficier un autre pays des compétences qu’ils auront acquises sur les stades français.

Ca n’est quand même pas bien difficile à comprendre, si ?

Quand Lilian Thuram juge les faits « extrêmement graves », on a envie de lui rappeler qu’il voulait, en 1998, faire une photo des seuls « Blacks » ayant participé à la Coupe du Monde… Naturellement, je ravalerai mon chapeau dès que Mediapart aura rapporté la preuve de l’intention raciste de cette décision. Et comme disait Zola (toutes proportions gardées naturellement), « j’attends ».

Lire aussi le site de Marianne.fr
Fiche de L. Blanc sur L’Equipe.fr

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